| Le vocabulaire de l'Ancien Régime. |
Aides: taxes sur les marchandises, surtout sur les
boissons. Impôts indirects perçus selon le système de la ferme générale.
Aune: mesure de longueur variable selon les régions. A
Paris, 1,18 m environ.
Bailliage: ancienne circonscription administrative
devenue judiciaire. Le bailli est le chef du tribunal de bailliage. (Dans tout
l'Ouest et le Midi: Sénéchaussée.)
Banalités: ce sont des droits seigneuriaux: obligation
de se servir du four, du moulin ou du pressoir désignés par le seigneur
moyennant paiement d'un droit.
Capitation: un des trois grands impôts directs. Créée
par Louis xiv elle pesait au début sur tous, mais le clergé réussit à
s'abonner, c'est-à-dire à être dispensé du paiement annuel moyennant le versement
immédiat d'une certaine somme.
Cens: redevance payée par le paysan au seigneur. Elle
marque la dépendance de la terre du paysan. Généralement payée en argent,
quelquefois en nature.
Conseils: le roi, sous l'Ancien Régime, gouverne,
assisté par des Conseils. Il y en a 4: le Conseil d’En-haut (politique
générale), le Conseil des Finances, le Conseil des Dépêches (relations avec les
intendants) et le Conseil des Parties. Ce dernier a des fonctions judiciaires.
Il est composé de 30 conseillers d'Etat et de 60 maîtres de requête. C'est
parmi les maîtres de requêtes, juristes avertis des affaires, qu'on recrute
généralement les intendants.
Corporation: mot moderne désignant l'organisation qui
groupe les gens d'un même métier.
Corvée: obligation de consacrer un certain nombre de jours
de travail à l'entretien des routes royales. Dans certains cas, versement en
argent. Dans certaines provinces il existe des corvées seigneuriales.
Dîme: part des récoltes qui revient à l'Eglise. Souvent
inférieure au dixième.
Dixième: impôt direct créé par Louis XIV, devenu
plus tard
le vingtième; en fait, un accessoire de la taille.
Droits seigneuriaux: il y a deux sortes de
droits seigneuriaux: honorifiques, comme celui pour le seigneur d'avoir des
armoiries, et utiles, obligations très variées des habitants de la seigneurie à
l'égard du seigneur.
Etats: assemblée des représentants des trois ordres dans
certaines provinces (voir carte 26). Ces états étant chargés de répartir la
taille dans la province, celle-ci est générale- ment moins lourde dans les pays
d'états que dans les pays d'élections où elle est répartie par un officier «
élu ».
Etats généraux: assemblée des
représentants des trois ordres de tout le royaume. N'ont plus été convoqués
depuis 1614. En général on vote par ordre. Louis XVI, pour les Etats généraux
de 1789, a accordé le doublement du tiers mais sans préciser la façon de voter.
Ferme générale: le roi afferme les impôts
indirects à des « fermiers », c'est-à-dire que moyennant le paiement immédiat
d'une certaine somme il les autorise à lever l'impôt eux- mêmes. Des financiers
se sont unis dans la Ferme générale pour percevoir ainsi la plus grande partie
des impôts. Ils sont détestés car ils récupèrent beaucoup plus que ce qu'ils
paient au roi.
Gabelle: impôt sur le sel. La vente du sel est
monopole d'Etat. Cet impôt n'est pas uniforme: il y a des pays de grande
gabelle et des pays de petite gabelle. Certaines provinces se sont rachetées et
la Bretagne est exemptée. D'où une active contrebande entre les diverses
régions (contrebandiers du sel = faux saulniers).
Livre: unité de poids variable suivant les lieux (à
Paris, 480 g).
Lettre de cachet: ordre d'exil ou
d'emprisonnement donné par le roi dans une lettre scellée de son sceau. Aucun motif
n'est donné (raison d'Etat).
Maître des Requêtes: voir conseils.
Manufacture: activité industrielle. Exceptionnellement à
l'époque, bâtiment où travaillent de nombreux ouvriers.
Métayers: exploitant d'une terre qui donne au
propriétaire une partie des -récoltes et des produits, la moitié générale-
ment.
Offices: charges militaires ou civiles (emploi de
justice, administration, finances) qui s'achètent, se vendent, se transmettent
aux héritiers moyennant certains droits payés au roi. Les offices importants
confèrent la noblesse.
Pacte colonial (ou système
de l'exclusif) : système qui repose sur l'idée que les colonies sont
faites uniquement dans l'intérêt de la métropole. Celle-ci à la monopole du
commerce avec la colonie. La colonie n'a pas le droit d'avoir des industries
pour ne pas nuire à celles de la métropole.
Parlement: sous l'Ancien Régime, cour souveraine de
justice. Il y a 12 Parlements de province et celui de Paris. Les chargés au
Parlement sont des offices qui s'achètent ou se vendent très cher. Les
parlementaires constituent une noblesse « de robe » très privilégiée. A
l'occasion de l'enregistrement des édits royaux, ils se sont arrogés le droit
de présenter des remontrances et prétendent ainsi contrôler la monarchie. Ne
pas confondre à la même époque avec le Parlement anglais (2 chambres, lords et
communes) qui vote les lois et les subsides.
Pied: mesure de longueur ancienne: environ 0,32 m.
Taille: le grand impôt direct de l'Ancien Régime, payé par
les seuls roturiers.
Vénalité des charges: fait de mettre en vente
les fonctions publiques comme cela se pratique sous l'Ancien Régime.
Le vocabulaire
nouveau.
Cote de l'impôt: part de l'impôt que chacun
doit payer. Centralisation: système d'administration dans lequel les décisions
sont prises dans un centre (la capitale du pays) et répercutées jusqu'aux
administrés les plus lointains par la hiérarchie des fonctionnaires.
Constitution: texte solennel fixant la
répartition des grands pouvoirs et réglant le fonctionnement et les rapports
des organismes à qui sont confiés ces pouvoirs. Dans l'esprit des Français, la
Constitution doit être élaborée par une assemblée représentative (une Assemblée
Constituante) et entièrement rédigée. Par contre la Constitution anglaise n'est
pas écrite: le fonctionnement des institutions s'appuie sur la coutume et
quelques textes d'époques diverses.
Dirigisme: prise en main par l'Etat de la direction de
l'économie. Sous l'Ancien Régime le dirigisme prend la forme de règlements très
détaillés qui prétendent imposer une bonne qualité à la production mais
freinent l'esprit d'initiative et l'invention.
Cours forcé: une monnaie a cours forcé lorsqu'il est
interdit de la refuser à l'occasion d'un paiement.
Décentralisation: système administratif où
une large possibilité de décisions est laissée aux autorités locales élues. Le
contraire est la centralisation.
Inflation: émission excessive de monnaie (ici
l'assignat) qui ne correspond pas à une augmentation parallèle des riches- ses
disponibles. Dans ce cas, la monnaie se déprécie car, avec une même quantité de
monnaie, on peut acheter moins de choses: les prix augmentent.
Justice civile: règlement des conflits
concernant les personnes et les biens (un procès concernant un héritage par
exemple). La Justice criminelle sanctionne les délits et les crimes (vols et
meurtres).
Suffrage censitaire: droit de vote lié au
paiement d'un impôt minimum, le cens.
Vérification des pouvoirs: contrôle par l'assemblée
de la régularité d une élection.
Veto (formule latine): « Je dis non ». Le veto royal est
appelé suspensif car le roi ne peut maintenir son opposition à une loi pendant
plus de deux législateurs (quatre ans). Le droit de veto ne peut s'exercer pour
les lois financières.
Communaux (biens) : qui appartiennent à l'ensemble des
habitants d'une commune (généralement bois, pâtures, landes). Le partage des
Communaux a commencé sous l'Ancien Régime (le Seigneur, dans ce cas, s'est
emparé du plus gros morceau). Il continue pendant la Révolution, favorisant souvent
les plus riches.
Cooptation : choix des nouveaux membres d'une assemblée
ou d'un corps par ceux qui sont déjà en fonction ; ainsi ce sont les sénateurs
déjà nommés (par le Premier Consul) qui choisissent les autres sénateurs.
Dotation : don en terre ou en argent comptant. Les
gratifications de l'Empereur aux Maréchaux furent considérables. Par exemple,
le Maréchal BERTHIER reçut 405 000 francs en revenu et 500 000 francs en argent
comptant.
Inamovibilité : garantie d'indépendance
donnée aux juges
le gouvernement s'interdit de les révoquer ou de les
déplacer. En fait, l'inamovibilité des juges fut plusieurs fois suspendue.
Majorat : bien qu'on ne peut ni vendre ni donner, qui
se transmet seulement à l'aîné. Il est lié à un titre de noblesse. Sous
l'Empire, pour assurer la transmission héréditaire d'un titre de prince ou due,
il faut constituer un majore de 200 000 francs de revenu ; d'un titre de comte,
30 000 francs de revenu ; d'un titre de baron, 15 000 francs de revenu.
Mise hors-la-loi : la mise hors-la-loi d'une
personne par un vote d'une assemblée révolutionnaire permet de la faire
exécuter sans jugement. Ce fut le cas de ROBESPIERRE.
Sénatus-consulte: texte voté par le Sénat.
Un sénatus-consulte * force de loi constitutionnelle puisque le Sénat est le
gardien de la constitution».
Légitimité : principe affirmé au Congrès de Vienne selon
lequel chaque Etat ou territoire doit revenir à son souverain légitime (celui
d'avant 1789). En réalité, il a souffert de nombreuses exceptions (voir les
cartes). En Allemagne, en particulier, NAPOLÉON avait supprimé de nombreux
petits Etats qui ne seront pas rétablis.
Monopole : c'est le fait d'être seul à exercer une
activité économique ou autre. Le monopole peut être un privilège (celui de
l'Université Impériale) ou une situation acquise (le monopole de l'Angleterre
pour la fabrication et le commerce de certains produits industriels auquel fait
allusion NAPOLÉON).
Protectionnisme : politique qui consiste à
protéger les productions nationales soit par l'établissement de droits de
douanes à l'entrée des produits étrangers concurrents, soit par l'interdiction
pure et simple de l'importation de ces produits (prohibition).
Restauration : principe affirmé au
Congrès de Vienne selon lequel il faut revenir en Europe à l'ancien régime
politique et social. Il a dû souffrir, lui aussi, de nombreuses exceptions, en
France surtout, où il était impossible de revenir sur les acquis de la
Révolution. Dans le reste de l'Europe, là où le servage et les droits féodaux avaient
été supprimés, ils n'ont pas été « restaurés ».
Statu quo [ante] (expression latine) : rétablissement
d'une situation qui existait avant certains événements.
Actionnaire : Possesseur d'actions d'une
société anonyme (voir ce mot).
Banque : La banque retire un profit non de la vente
de marchandises, mais du prêt des capitaux (voir ce mot) qu'elle a accumulés,
en d'autres termes du crédit. Avec les techniques industrielles modernes, les
opérations sont complexes et le temps souvent très long entre l'achat des
matières premières et la rentrée d'argent par la vente des produits fabriqués :
les entreprises doivent recourir au crédit des banques, qui prennent de plus en
plus d'importance.
Capitaux : Ensemble des biens, monétaires ou autres,
qui rapportent un revenu par prêt, location, ou placement dans une entreprise.
Capitalisme : Ce mot, récent, a été
lancé par les théoriciens socialistes PROUDHON et MARX. Les économistes
l'utilisent couramment depuis la fin du XIXème siècle. Il désigne un système
économique où les entreprises ont pour but le profit de ceux qui les possèdent,
grâce au travail d'une main - d'oeuvre salariée, qui ne possède pas les moyens
de production.
Le capitalisme se distingue des systèmes précédents
par l'extrême développement des techniques industrielles et par la grande
importance des spéculations financières.
Coutre : Partie de la charrue en avant du soc et qui
découpe le sol verticalement. Ici : partie remplissant la même fonction en
avant des tuyaux décrits.
Lambourde : Sorte de longue barre métallique.
Noeud : Unité marine
de vitesse = un mille marin (1 852 m) à l'heure.
Sidérurgie : Ensemble des techniques qui produisent le
fer, la fonte, l'acier, et qui précèdent la transformation de ces métaux en
objets.
Société anonyme : La société anonyme
rassemble les capitaux mettant en vente des bons appelés actions. Le possesseur
d'une ou de plusieurs actions, appelé actionnaire, touche un revenu, appelé
dividende, qui est fonction des bénéfices de la société. En cas de déficit, il
ne peut perdre que la somme qu'il a placée.
L'autorité appartient à l'assemblée générale des
actionnaires, qui désigne le conseil d'administration dont, en fait, les plus
gros actionnaires sont les maîtres.
Spéculation : Projets, calculs en
matière financière, bancaire, commerciale, ayant pour but le profit, par
exemple en faisant monter les prix des marchandises ou des actions.